Le délai de création d’un site d’artisan dépend souvent moins du développement que des éléments disponibles au départ. Lorsque les prestations, les photos, la zone d’intervention et les accès sont dispersés, le projet s’arrête à chaque question. Lorsque ces éléments sont préparés, le prestataire peut cadrer un périmètre réaliste et construire des pages qui correspondent vraiment à l’activité.
Vous n’avez pas besoin d’arriver avec des textes parfaitement rédigés ni une maquette. Vous devez surtout apporter des informations vraies, des décisions et des fichiers que vous avez le droit d’utiliser.
Voici la checklist à préparer avant de demander un devis.
1. L’objectif principal du site
Un site peut servir à recevoir des demandes de devis, présenter des réalisations, rassurer avant un appel, recruter ou informer des clients existants. Il peut faire plusieurs choses, mais une action doit rester prioritaire.
Complétez cette phrase :
Une personne qui visite mon site doit surtout pouvoir…
Exemples :
- demander un devis pour une rénovation ;
- vérifier que j’interviens dans sa commune ;
- voir des réalisations similaires à son projet ;
- m’appeler pour une urgence ;
- prendre rendez-vous pour une première visite.
Cette décision influence l’ordre des pages, le bouton principal et les informations demandées dans le formulaire. Sans objectif, le site devient une brochure où toutes les informations ont la même importance.
2. La liste exacte des prestations
Écrivez les prestations que vous voulez réellement vendre, pas toutes celles que votre métier permet techniquement de réaliser.
Pour chacune, notez :
- le type de client concerné ;
- le problème traité ;
- ce qui est compris ;
- ce qui n’est pas compris ;
- la zone où vous l’effectuez ;
- la prochaine étape habituelle.
Évitez les intitulés internes que les clients ne connaissent pas. Utilisez d’abord leurs mots, puis ajoutez le terme technique si nécessaire.
Si deux prestations répondent à des besoins très différents, elles peuvent mériter deux pages. Le guide sur les pages utiles d’un site internet de TPE à Lyon explique comment décider cette arborescence.
3. La zone d’intervention réelle
Préparez une liste honnête des communes ou du rayon dans lequel vous acceptez de travailler. Précisez également :
- si le déplacement est systématique ;
- si certaines prestations sont limitées à une zone plus courte ;
- si des frais peuvent s’appliquer ;
- si une première estimation peut se faire à distance ;
- si vous recevez ou non des clients à une adresse.
Ne transformez pas cette liste en cinquante pages presque identiques. Commencez par une page claire sur la zone réellement couverte. Des pages locales supplémentaires ne se justifient que lorsqu’elles apportent du contenu et une expérience propres à la zone.
4. Les informations pratiques
Rassemblez dans un document unique :
- nom commercial exact ;
- nom ou raison sociale ;
- statut et numéro d’immatriculation disponible ;
- téléphone professionnel ;
- email professionnel ;
- horaires de contact ;
- adresse à publier, si les clients y sont reçus ;
- liens vers les réseaux professionnels ;
- modalités de rendez-vous.
Ces informations doivent rester identiques sur le site, Google Business Profile et les annuaires professionnels. Une variation de ponctuation est sans importance ; un ancien numéro ou une mauvaise zone d’intervention crée en revanche une vraie friction.
5. Les photos de réalisations
Pour un artisan, les photos montrent ce que les textes ne peuvent pas démontrer seuls. Mais un dossier contenant cent images reçues par messagerie n’est pas encore une photothèque utilisable.
Sélectionnez d’abord dix à vingt réalisations représentatives. Pour chaque série, indiquez :
- le type de chantier ;
- la commune ou le secteur, sans révéler l’adresse d’un client ;
- le problème initial ;
- le travail réalisé ;
- la date approximative ;
- l’autorisation de publication ;
- ce qui ne doit pas apparaître.
Conservez les fichiers originaux. Les images déjà compressées par une messagerie peuvent être trop petites ou dégradées. N’ajoutez pas de logo par-dessus chaque photo avant de transmettre les originaux : le recadrage mobile deviendrait difficile.
Si des personnes, plaques d’immatriculation, documents ou adresses sont visibles, prévoyez le masquage ou choisissez une autre image.
6. Les preuves que vous pouvez publier
Une preuve doit être authentique et attribuable. Elle peut prendre plusieurs formes :
- avis client publié avec autorisation ;
- qualification ou certification en cours de validité ;
- assurance lorsqu’elle est pertinente ;
- appartenance à un réseau professionnel ;
- réalisation documentée ;
- méthode de travail vérifiable.
Préparez les justificatifs et les règles d’utilisation des logos. Une certification expirée ou un logo utilisé sans autorisation détruit la confiance au lieu de la renforcer.
Si vous démarrez et ne possédez pas encore d’avis, ne créez pas de faux témoignages. Expliquez votre situation et montrez votre méthode, votre parcours et des démonstrations clairement identifiées.
7. Les questions réellement posées par les clients
Relisez vos derniers emails, messages et notes d’appel. Listez les questions qui reviennent avant un devis :
- intervenez-vous dans ma ville ?
- combien de temps faut-il attendre ?
- faut-il fournir les matériaux ?
- réalisez-vous les démarches ?
- comment se passe la visite ?
- proposez-vous un dépannage ?
Ces questions alimentent les pages de services. Elles sont plus utiles qu’une FAQ générique copiée sur un concurrent.
N’écrivez pas une réponse que vous ne pouvez pas tenir. Si le délai varie selon la saison ou le chantier, expliquez le moment où il est confirmé au lieu d’afficher une promesse permanente.
8. Le déroulement d’un chantier type
Décrivez les étapes depuis la première demande jusqu’à la fin :
- réception de la demande ;
- échange ou visite ;
- préparation du devis ;
- validation et planification ;
- intervention ;
- réception ou contrôle ;
- documents remis et suivi.
Pour chaque étape, précisez ce que le client doit fournir et ce qu’il reçoit. Ce déroulement rassure davantage qu’une phrase comme « service de qualité de A à Z ».
Il aide aussi le prestataire web à construire les appels à l’action. Une demande d’intervention urgente ne suit pas forcément le même parcours qu’un chantier préparé plusieurs mois à l’avance.
9. Les accès et la propriété actuelle
Si vous possédez déjà un site, un domaine, une fiche Google ou une adresse email professionnelle, vérifiez qui détient les accès.
Rassemblez, sans les envoyer par email en clair :
- le compte du nom de domaine ;
- l’hébergement ;
- le CMS ;
- Google Search Console ;
- Google Analytics ;
- Google Business Profile ;
- les comptes d’envoi d’email ;
- les réseaux sociaux utiles.
Le propriétaire du domaine doit être votre entreprise ou vous-même, pas l’ancien prestataire. Un nouveau site peut être techniquement prêt et rester bloqué plusieurs semaines si personne ne peut modifier le domaine.
Utilisez un gestionnaire de mots de passe ou créez des accès collaborateurs quand le service le permet. Ne partagez pas votre mot de passe principal si un rôle limité suffit.
10. Les contenus juridiques
Un site professionnel doit identifier son éditeur et informer les personnes sur le traitement de leurs données. Les mentions exactes dépendent du statut, de l’activité et des fonctions du site.
Préparez les informations officielles et vérifiez-les sur vos documents d’immatriculation. Pour un formulaire, précisez la finalité, le destinataire, la durée de conservation et le moyen d’exercer ses droits. Entreprendre.Service-Public.fr présente les obligations relatives aux données personnelles, et la CNIL fournit des modèles et recommandations adaptés.
Ne copiez pas les mentions légales d’une autre entreprise. Son statut, son hébergeur et ses traitements ne sont pas les vôtres.
11. Ce que vous voulez pouvoir modifier vous-même
Listez les informations qui changent réellement :
- photos de réalisations ;
- horaires ;
- prestations ;
- zone d’intervention ;
- actualités ;
- coordonnées ;
- membres de l’équipe.
Cette liste permet de déterminer ce qui doit être administrable. Un CMS n’a pas besoin de rendre chaque phrase et chaque couleur modifiables. Plus l’interface offre d’options inutiles, plus elle devient difficile à utiliser et à maintenir.
Demandez aussi ce qui se passe si vous changez de prestataire : accès, export des contenus, code source, domaine et hébergement. La page site internet pour TPE avec CMS détaille la position de BoyaSolution sur cette propriété.
12. Les contraintes et les exclusions
Écrivez ce que le premier site ne fera pas. Par exemple :
- pas de boutique en ligne ;
- pas d’espace client ;
- pas de prise de paiement ;
- pas de multilingue ;
- pas de synchronisation avec un logiciel métier ;
- pas de rédaction complète des contenus.
Une exclusion n’est pas un échec. Elle évite qu’un site vitrine soit chiffré comme une application complète et que des fonctions apparaissent en cours de projet sans décision claire.
Le dossier minimal à transmettre
Vous pouvez préparer un dossier avec cette structure :
01-identite-et-coordonnees
02-prestations
03-zone-intervention
04-photos-originales
05-realisations-et-autorisations
06-avis-et-qualifications
07-questions-clients
08-informations-juridiques
09-acces-existants
Ajoutez un document d’une ou deux pages qui résume l’objectif, la cible, l’action principale et les exclusions. Ce dossier suffit pour recevoir un devis beaucoup plus comparable qu’une demande limitée à « je voudrais un site moderne ».
Ce que le prestataire doit encore décider avec vous
Vous n’avez pas à choisir seul la technologie, la structure finale, les tailles d’image ou le balisage SEO. Le rôle du prestataire est de transformer les informations métier en une architecture, une interface et un système maintenable.
En revanche, il ne peut pas décider à votre place de la zone desservie, inventer des preuves ou deviner les prestations les plus rentables. Plus ces décisions métier sont claires, moins le projet se remplit de contenu générique.
Votre action avant le premier rendez-vous
Commencez par trois éléments : la liste des prestations, dix photos commentées et les cinq questions les plus fréquentes. Vous disposerez déjà de la matière principale des futures pages de services.
Ensuite, vérifiez le domaine et les comptes existants. Cette étape n’est pas visible dans une maquette, mais elle détermine si vous resterez propriétaire du site.
Si vous êtes basé dans l’agglomération, la page création de site internet à Lyon pour TPE explique le fonctionnement sur place et à distance, sans bureau fictif ni multiplication de pages locales.
